Nous avons quitté les sapeurs-pompiers de Châtellerault en 1938, à la veille de la guerre1. Le chef de corps, Louis Robuchon, en place depuis 1925, prend sa retraite et cède le commandement au capitaine Thibault. C’est ce dernier qui fera face, avec ses hommes, aux évènements de 1939-1945. Il sera bien secondé par de fidèles lieutenants, particulièrement par le lieutenant Pierre Huguet qui lui succèdera après la guerre. Cette période hors du commun va mettre en lumière la vie de ceux qui ont choisi de ne pas partir pour le front pour mener leur combat ici. En dehors des interventions courantes, ils seront confrontés à l’occupant et, en 1944, aux bombardements, non seulement à Châtellerault mais aussi dans la région où ils iront porter leur aide.

C’est avec plaisir que nous avons rencontré Denyse Naud-Huguet, fille du commandant Pierre Huguet2 et Michel Doussineau, fils du capitaine Henri Doussineau et pompier lui-même, auprès de qui nous avons pu recueillir témoignages et documents3.

La compagnie au début de la guerre

En parcourant le quotidien de la compagnie, on s’aperçoit que les premières années de guerre sont relativement calmes… le calme qui précède la tempête de 1944. 

En 1939, environ 65 hommes appartiennent au corps des pompiers de la ville. Ils sont normalement mobilisés sur place, mais le 24 septembre, à l’appel général, 18 d’entre eux décident malgré tout de partir et de s’engager dans le combat. Ceux qui font ce choix ne seront jamais oubliés pendant leur absence ou leur captivité et recevront régulièrement, de la part de leurs camarades, de l’argent, des lettres et des colis.

Avant de passer aux interventions des premières années de guerre, il est intéressant de faire le point sur l’organisation pratique et matérielle de la compagnie à cette période. Dans les années vingt, on a vu qu’un poste permanent4, avec le téléphone, a été mis en place à la mairie où quelques pompiers sont logés. Cette expérience facilitant les départs en cas d’incendie, la municipalité mettra d’autres logements à la disposition des pompiers. 

C’est ainsi que pendant la guerre, six familles, dont celle du capitaine, habitent l’étage au-dessus de la mairie ; Denyse Naud-Huguet et Michel Doussineau y ont vécu. Trois autres familles sont installées dans les tours du pont Henri-IV, l’une au premier étage de la tour sud, deux dans la tour nord. Un véhicule et du matériel sont entreposés au rez-de-chaussée de la tour sud.

On peut voir ici, au-dessus du rez-de-chaussée de la mairie, les petites fenêtres des logements de pompiers. Elles donnaient sur le boulevard Blossac mais aussi à l’arrière du bâtiment, sur la cour, avenue Clémenceau, actuelle entrée de la mairie, © Jacqueline Gagnaire.

Ces regroupements permettent d’intervenir plus rapidement en ville, le matériel d’incendie se trouvant à côté de la mairie. Quant aux tours du pont qui possèdent un matériel de première intervention, elles sont aux portes de Châteauneuf, d’où leur efficacité en cas d’urgence dans le faubourg. D’autres hommes sont appelés à chaque fois par la sirène de la mairie pour rejoindre l’équipe déjà prête. À noter également qu’un téléphone direct relie les pompiers des deux rives.

Interventions au cours des premières années de guerre

On trouve, entre 1939 et fin 1943, des incendies ordinaires, ceux qui se règlent facilement et que nous ne mentionnerons pas. 

Cependant, quelques-uns sont plus importants, comme l’incendie du 16 février 19405, aux Charraults, qui nécessite l’intervention des pompiers mais aussi des hommes du 32e RI et de leur pompe. Le feu a pris en pleine nuit au premier étage d’un fenil jouxtant des bâtiments d’habitation dans une ferme exploitée par M. et Mme Cathelin. Des difficultés matérielles viennent compliquer l’intervention : les récents gels ayant endommagé les conduites d’eau, les pompiers doivent organiser une chaîne et travailler avec des seaux remplis au puits !

Un mois plus tard, en octobre 1941, voici un petit évènement qui n’est pas anodin : un baraquement rempli de paille est en feu en plein après-midi au parc Beauchêne6. Le baraquement sert aux troupes allemandes et cet incendie spectaculaire est consigné comme étant un acte volontaire.

Le 2 octobre 1942, les pompiers interviennent aux Fonderies Lenoir à Châtellerault pour un grave incendie. L’intervention est efficace évitant une catastrophe.

On note, cette année-là, beaucoup de feux de forêts dont certains semblent être d’origine criminelle. Mais le plus étonnant, ce sont les nombreux feux de cheminée : 29 sorties sont effectuées, par exemple, entre le 18 et le 25 janvier 1942, et sept en février de la même année… sans compter un certain nombre de feux de planchers. L’hiver est rude7, les gens chauffent beaucoup et utilisent toutes espèces de bois, des résineux peut-être…

L’année suivante, au mois de juillet 19438, le feu se déclare vers 16 h dans les entrepôts de la coopérative agricole9 de Châtellerault située près de la gare : La générale est sonnée et on doit appeler d’autres secours. C’est un hangar rempli de bois et de charbon de bois qui est la proie des flammes. Le feu, qui avait couvé pendant des heures, finit par détruire un camion ainsi que les 30 m3 de bois qui se trouvent là. Il faut à tout prix, pour nos sapeurs, protéger les maisons voisines dont une se trouve à moins d’1,50 m. L’incendie aurait été provoqué par le gazogène10 du camion garé dans cet espace et qui avait effectué des livraisons le matin. Plusieurs heures d’efforts sont nécessaires pour maîtriser le feu.

L’année 1943 voit d’autres incendies importants. Le 16 juillet11, vers 17 h, dans une ferme de la commune de Thuré, au lieu-dit Thireau, les pompiers sont appelés pour un feu qui a pris dans les dépendances dont trois bâtiments sont en feu ; il faut libérer les animaux, sauver le matériel agricole et préserver les maisons d’habitation. L’incendie ne sera maîtrisé que vers 22 h. Les dégâts matériels sont importants. Malheureusement, une pouliche et une jeune vache qui était en train de vêler n’ont pu être sauvées. À l’origine de ce sinistre, un enfant qui jouait avec des allumettes près des tas de paille. 

Pour terminer, voici une intervention peu banale qui a lieu le 7 août de cette même année12, toujours dans une ferme, au lieu-dit « l’Étang Berland », commune de Saint-Sauveur. Cette fois-ci nos pompiers sont appelés pour sauver une vache enlisée dans l’étang. Impossible de la faire sortir de l’eau, la nuit rendant le sauvetage encore plus difficile. Qu’à cela ne tienne, le lieutenant des pompiers et le fermier se mettent à l’eau après avoir enfilé des bottes spéciales et attaché une corde autour de leur taille. Deux heures plus tard, après beaucoup d’efforts, ils arrivent à ramener la jeune vache sur la terre ferme, mais la pauvre bête est inanimée. Nos sapeurs n’ont pas dit leur dernier mot : ils appliquent sur elle les principes de base de la respiration artificielle qu’ils connaissent bien et la génisse revient à elle. Pour la doper, on lui fait avaler du vin sucré ce qui la ramène définitivement à la vie… Elle se remet alors sur ses pattes et part comme une flèche à l’écurie… Elle n’avait pas perdu ses repères !

Très souvent des remerciements accompagnent les interventions, sous forme de lettres ou de dons. On peut citer quelques exemples : pour l’incendie des Charraults, les locataires donnent 300 F et M. Massonneau, le propriétaire, donne 200 F pour les œuvres des sapeurs-pompiers. M. Lenoir, pour l’intervention dans son usine, adresse une lettre de félicitations accompagnée d’un chèque de 500 F à verser à la caisse mutuelle de la compagnie. Suite à un feu important dans la forêt de Puygarreau, le comte de Castrie remercie et félicite les pompiers. 

Dans ces premières années de guerre, les cas d’asphyxies se multiplient, asphyxies dues au gaz, mais beaucoup dues aux gazogènes des voitures. En 1941, par exemple, un asphyxié est sauvé à Thuré en 20 minutes grâce à un appareil Panis, méthode mécanique de Schaefer. Un plombier revient également à la vie après avoir reçu des soins au carbogène, par inhalation d’un mélange d’oxygène et de 7% de gaz carbonique, moins agressif pour l’organisme que l’oxygène seul.

Des deuils

C’est pendant cette période dite « calme » à Châtellerault que les pompiers vont perdre un des leurs. Le sapeur Robert Roux, en mission avec d’autres hommes de la compagnie, est tué lors du premier bombardement de Tours, le 5 juillet 1940. Il sera inhumé à Châtellerault avec tous les honneurs dus à un soldat du feu mort pour la France. 

Trois ans plus tard, le 7 novembre 1943, le capitaine Robuchon, très estimé de tous, qui resta à la tête de la compagnie pendant 13 ans, décède. On lui rend bien sûr les honneurs, raconte Michel Doussineau : Un drapeau bleu, blanc, rouge est déplié sur le cercueil et d’autres drapeaux sont tenus par des collègues…On était fiers parce que les deux Feldgendarmes qui surveillaient le déroulement des opérations ont salué le drapeau français !

Face à l’occupant

Il est évident que la présence des Allemands dans la ville allait, à un moment ou à un autre, avoir une incidence sur la vie de la compagnie. En 1941, après un an d’occupation13 dans nos murs, des ordres arrivent qui mettent nos pompiers sous surveillance.

Dans un premier temps, le maire, Robert Duthuzo14 , adresse au capitaine une circulaire, datée du 2 février 1941, qui émane de la Kreiskommandantur15  après être passée par le bureau du préfet. Elle oblige les pompiers à demander une autorisation pour les sorties-exercices qui ont lieu chaque mois. 

Ensuite, le 17 février de la même année, une nouvelle ordonnance, arrivée par les mêmes voies, décide que, lors d’attaques aériennes, les hommes de la compagnie passeront sous commandement allemand et devront agir selon les ordres qui leur seront donnés. Le capitaine et ses hommes ont beaucoup de mal à accepter cette ingérence dans leur fonctionnement. En réalité, d’après Michel Doussineau, les pompiers ont toujours été les maîtres sur le terrain lors des bombardements.

Difficile à passer aussi cet ordre de service du maire, mais venant toujours des Allemands, qui oblige les pompiers à procéder à des manœuvres supplémentaires tous les jours et programmées à l’avance. Il est demandé qu’une instruction soit faite chaque jour par le capitaine et le lieutenant de la compagnie. Il est précisé ensuite qu’ils rendront compte au maire et lorsque ce dernier estimera que l’instruction des sapeurs est au point, il en avisera M. le commandant de la Kreiskommandantur qui désire personnellement se rendre compte de l’instruction des hommes.

Pourquoi une telle exigence de la part de l’occupant ?

Il faut pour cela revenir au 20 avril 1941, lors d’un important feu de paille allemande, 190 tonnes exactement, qui se produit à la gare des marchandises de notre ville. L’intervention se passe mal, l’arrivée d’eau de la gare n’est pas suffisamment puissante pour actionner le matériel en batterie et la paille s’envole en flammes et en fumée pendant deux jours. Les Allemands attribuent, bien sûr, cet échec à l’incompétence des sapeurs-pompiers et décident de faire renforcer leur entraînement. 

Réponse immédiate du capitaine qui certifie, entre autres, que les cadres sont bien instruits, comme le prouvent les citations et les éloges obtenus […] qu’en conséquence, quinze séances d’instruction supplémentaires paraissent une punition à l’égard d’hommes qui sont des volontaires apportant à la communauté et gratuitement leur expérience et leur courage. Puis il accuse l’arrivée d’eau défectueuse et souhaite que la gare soit branchée directement, pour les besoins d’incendies, sur les services d’eau de la ville ou que l’installation soit modifiée pour avoir un débit et une pression suffisante […]

En décembre, toujours 1941, c’est le préfet qui se manifeste, s’adressant au maire, le priant de bien vouloir faire effectuer des exercices aux sapeurs-pompiers afin que l’instruction des hommes soit aussi parfaite que possible. Il demande également à être avisé 18 jours à l’avance de la date et de l’heure de ces exercices. Cette fois-ci, le maire et le capitaine Thibault réagissent ; ce dernier adresse une réponse au préfet, lui signifiant que ses hommes ont suivi au cours de l’année 1941 les exercices réglementaires ainsi que trois séances supplémentaires, dont une de nuit. Il précise qu’au cours de l’année, ils ont démontré, lors d’incendies, capacité, rapidité et dévouement. Puis il donne les grandes lignes du programme de 1942 ajoutant en conclusion : Dans ces conditions, je ne vous préviendrai pas 18 jours à l’avance puisque vous êtes déjà avisé. Il n’y eut pas d’autres échanges marquants à mentionner par la suite avec les autorités allemandes ou françaises.

Défense passive : rôle et matériel

La défense passive16 joue un rôle important pendant la guerre. C’est une organisation nationale qui apparaît dans les années trente, mettant en place des mesures de protection et de sauvegarde de population civile en cas de bombardements et autres risques liés à la guerre.

C’est le personnel des services chargés de l’exécution des mesures de défense passive qui participe à l’installation de sirènes17 dans les villes, qui veille à la mise en fonction d’abris souterrains et à l’extinction des feux à la nuit tombée. Début 1939, les pompiers s’entraînent à toute éventualité, effectuant des manœuvres pour récupérer des bombes non explosées ou éteindre des feux dus à des bombes incendiaires.

Pendant la guerre, le personnel de la défense passive renforce les moyens des pompiers en leur attribuant du matériel d’incendie supplémentaire :

-1940, elle leur distribue des masques à gaz ; 

-1941, 100 m de tuyaux de 70 mm leur sont livrés ;

-1942, en janvier, les pompiers reçoivent 50 lampes électriques, 750 mètres de tuyaux de 70 mm et 100 m de tuyaux de 45 mm, une motopompe de 100 m3/h et 6 lances. En avril, on leur livre une 2e motopompe ;

-1943, au mois de juillet, le sous-lieutenant Huguet donne confirmation de la livraison d’un appareil complémentaire respiratoire et d’un inhalateur à oxygène pour le poste permanent. Ce matériel sera réceptionné en novembre ;

-1944, en février, les pompiers reçoivent de nouveaux tuyaux et participent à des exercices pour l’extinction des feux suite à des bombardements, ainsi qu’à des séances de brancardage.

À noter qu’en 1943, le Syndicat Départemental des Sapeurs-Pompiers fournit lui aussi du matériel à la ville : une autopompe fourgon de 80 m3/h de marque Delahaye, une ambulance et deux brancards. À cela s’ajoutent des cordages, des sangles et des lances.

Des aménagements en ville

Enfin, dans le même temps, la ville fait des aménagements pour faciliter le bon fonctionnement du matériel en cas d’incendie.

En 1942, elle fait installer trois bouches à gros débit : en ville, boulevard Blossac et place du Marché, ainsi que place Clément-Krebs à Châteauneuf.

En 1943, trois nouvelles bouches sont placées : avenue Treuille, rue du Verger (aujourd’hui, avenue Leclerc) et une autre à Châteauneuf, Grand-rue.

Quelques fêtes …

On a pu constater, dans la période 1809-193918, que les fêtes tenaient une place importante dans la vie de nos sapeurs. Juste avant la guerre, le 1er mai 1939, on fête encore, dans la sérénité, comme c’est la coutume depuis une soixantaine d’années, le « lait de mai » avec son chevreau aux cives, son fromage blanc à l’ail vert, les œufs durs et la salade de saison… Sans oublier les réjouissances habituelles. Pour se rendre au banquet qui a lieu au Printania, situé boulevard d’Estrées (aujourd’hui, café portant le même nom), nos pompiers défilent en musique dans les rues de la ville accompagnés par l’harmonie municipale. C’est leur dernière vraie fête car, en décembre 1939, trois mois après la déclaration de guerre, tout le monde est encore sous le choc et il est décidé de supprimer le banquet traditionnel de la sainte Barbe. Les pompiers optent alors pour une sortie-exercice avec salut au drapeau au monument du Souvenir19, suivie d’un vin d’honneur. Les Allemands ne sont pas encore en ville.

L’année suivante, en décembre 1940, après des manœuvres à La Nautique20, près de la Vienne, on se rend chez Rodolphe, restaurant très populaire à cette époque, situé au bout de la rue Paul- Painlevé, aujourd’hui fermé. On y a prévu un simple casse-croûte où le seul invité est Louis Ripault encore maire. En décembre 1941, on fête la sainte Barbe au Café du Globe, boulevard Blossac (aujourd’hui parfumerie Marionnaud) à quelques pas de la Kommandantur installée au Café du Commerce, également boulevard Blossac (aujourd’hui, parfumerie Nocibé) avec juste un vin d’honneur, mais auquel sont conviés de nombreux Châtelleraudais. Aucune autre fête n’est mentionnée par la suite, si ce n’est des vins d’honneur, comme en décembre 1942 et 1943 pour honorer la sainte Barbe… 

Mais nous sommes sûrs que bien des occasions ont été prétexte à se réunir, juste pour le plaisir, comme les sorties-exercices suivies d’un « pot » offert parfois par le capitaine à ses hommes.

1944, l’année des désastres et de la liberté

Nous aurions aimé rester un peu plus longtemps sur ces évocations festives avant de nous plonger dans l’année 1944 chargée de lourds évènements auxquels la compagnie des sapeurs-pompiers de Châtellerault a pleinement participé. Nous oublierons volontairement les incendies de tous les jours : cheminées, toitures, paille, forêt…pour retracer la succession des grands moments qui vont ouvrir le chemin à la liberté. Partout nos pompiers ont été impliqués. D’ailleurs ils recevront pour ces faits la médaille « du courage et du dévouement » ainsi que la fourragère bleu, blanc, rouge, ce qui leur vaudra l’honneur de défiler en tête du cortège à la Libération.

Les bombardements de 1944, Châtellerault et ses environs

Michel Doussineau, qui a été pratiquement de toutes les sorties, a regroupé les dates des interventions lors des bombardements de 1944.

24 février, intervention à Jaunay-Clan (86) où un train de munitions a déraillé suite à un sabotage… Dix-sept heures de présence seront nécessaires pour aider à dégager et à sécuriser les voies.

9 mars, un grave incendie se déclare au château de Chitré (86). Michel Doussineau21, 18 ans à l’époque, présent ce soir-là, raconte :

Il faisait nuit, ce 9 mars 44, quand le feu s’est déclaré dans une tour du château de Chitré. On arrive sur les lieux avec le matériel, on lutte contre le feu. Dans un bâtiment, près de la tour, on aperçoit de la lumière sous une porte ; on voudrait avoir accès à la pièce, mais les gens du château s’y opposent : la propriétaire, Mme de Lestrange, ainsi que son régisseur M. Billard. Les pompiers passent outre. Lorsque la porte s’ouvre enfin, on voit sortir une belle blonde… On s’aperçoit vite qu’elle n’est pas française et qu’elle transporte avec elle tout un matériel ! Une Américaine logée au château qui renseignait les Alliés. On avait compris… On l’a fait monter dans une de nos voitures pour la conduire à Bon Secours22. Les sœurs ont l’habitude de recevoir des clandestins comme elle pour soi-disant les soigner. Elles les hébergent, en attendant une nouvelle prise en charge, dans une pièce à côté de leur dortoir. Notre rôle était terminé. 

Qui aurait bien pu soupçonner ces saintes femmes ?

Suite à cette véritable aventure, nos sapeurs reçoivent une lettre du régisseur qui adresse ses remerciements, ainsi que ceux de Mme de Lestrange, pour avoir sauvé la partie nord du château. Des félicitations vont en particulier aux hommes qui ont monté la garde dans la nuit du 9 au 10 mars et qui sont intervenus de nombreuses fois pour éteindre des reprises de feu.

18 mars, grave déraillement à Dangé (86) du train Paris-Hendaye qui fait 120 victimes parmi les soldats allemands et des membres du consulat d’Espagne à Paris. Denyse Naud se souvient encore du retour de son père, le lieutenant Pierre Huguet, terriblement choqué, qui avait dû prendre un cœur dans ses mains pour le replacer dans la cage thoracique de la victime… détail : le cœur battait encore. Les pompiers présents lors de cette intervention reçoivent les félicitations du sous-préfet de Châtellerault, Marcel Wiltzer23, pour s’être mis spontanément à la disposition de l’administration et des sinistrés ; il loue leur attitude et leur dévouement particulièrement remarqués.

11 juin, à 22 h, à Châtellerault24, bombardement d’un train de six wagons d’essence à l’arrêt en gare, en plein centre-ville. Deux vagues de six avions alliés se succèdent à très basse altitude. Les premiers avions larguent leurs bombes sur le train qui explose et flambe, menaçant les bâtiments voisins. Puis, vers 22 h 45, une deuxième vague arrive ; son lâcher de bombes est moins précis, son passage fera des dégâts… Le bilan de ces attaques aériennes est lourd : dix morts, dont le commissaire de police, Jean Danveau, et 13 blessés qui comptent parmi eux le maire Joseph Aymard25. Cinq habitations sont totalement détruites, environ 200 personnes sont sinistrées. Aucune alerte n’a retenti pour prévenir la population. Dans les maisons détruites les pompiers s’affairent, ainsi que sur les voies. Un incendie fait rage au milieu des maisons, à la distillerie Lafoy située face à la sous-préfecture. Des équipes de pompiers accompagnés de secouristes s’occupent des victimes et s’efforcent de limiter l’ampleur des sinistres. C’est par miracle, dira plus tard le responsable de la défense passive, que les pertes de la population n’aient pas été plus nombreuses, car la foule était sortie après le premier bombardement pour voir les dégâts.

Nuit du 15 au 16 juin. Cette nuit-là, c’est la forêt de Châtellerault qui est visée. Les Allemands y cachent un dépôt d’essence, d’huile et de munitions. Ce site, hautement stratégique pour les Allemands, est gardé par des soldats français prisonniers. Quatre d’entre eux, d’origine nord-africaine, sont tués. Des aviateurs anglais y laissent également la vie, leur avion ayant été abattu par la Flak26 allemande. Les 110 bombardiers de la RAF larguent près de 350 tonnes de bombes explosives et incendiaires sur la forêt qui est la proie d’un gigantesque incendie. Tout est mis en œuvre ensuite pour circonscrire le feu dans un environnement piégé de bombes non explosées : un véritable enfer pour la compagnie.

23 juin, bombardement à Ingrandes du camp militaire de Saint-Ustre (86)27 occupé par la troupe allemande qui en a fait un dépôt de munitions. Les pompiers sont là pour éteindre les incendies et secourir les victimes militaires et les civils requis pour garder le camp.

7 et 9 juillet, interventions après bombardements sur les voies à La Tricherie (86) et à Beaumont (86) au silo à grains où deux personnes trouvent la mort.

10 juillet, des bombes atteignent la rue de Gravelines et les Renardières à Châtellerault. Pas de victimes.

Nuit du 9 au 10 août, deuxième bombardement sur la forêt de Châtellerault. En deux mois, les Allemands ont réussi à reconstituer, un peu plus au nord-est dans la forêt, une importante réserve de carburant et de munitions sur laquelle 176 avions anglais déversent près de 1 000 tonnes de bombes, endommageant définitivement le site jusqu’à la fin de la guerre. 

C’est au cours de ce raid aérien que deux bombardiers se percutent en vol au-dessus de la commune de Thuré28. Mêmes images d’apocalypse qu’au mois de juin pour nos pompiers qui font le maximum pour éviter que le feu n’embrase toute la forêt.

1er septembre, le bombardement d’un convoi militaire allemand a lieu sur la route entre Bonneuil-Matours et Archigny. L’occupant commence à partir. Disparaît dans cette attaque tout le matériel automobile de voirie et d’incendie de la ville réquisitionné quelques semaines plus tôt par les Allemands qui préparaient leur départ.

Interventions en 1944 à Saint-Pierre-des Corps, à Tours et à Poitiers 

11 avril, en pleine nuit, la gare de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, est bombardée et une partie de la ville sinistrée. On appelle à l’aide nos pompiers pour intervenir dans les maisons incendiées et donner les premiers soins aux blessés. Partis vers 3 h du matin, ils ne rentreront qu’à 20 h à Châtellerault. Le lieutenant Huguet, qui dirige l’opération, félicite ses hommes qui ont couru de réels dangers en circulant au milieu de bombes à retardement, dont une a endommagé du matériel. Petit souvenir : ce jour-là, une de leurs voitures étant tombée en panne, les pompiers rentrent avec leur matériel dans une camionnette bâchée réquisitionnée et brinquebalante … 

20 mai, deuxième bombardement de Tours (37). La gare est visée, mais avenue Grammont et dans les rues avoisinantes des habitations sont touchées et nos pompiers aident à secourir les victimes. Le préfet d’Indre-et-Loire remerciera chaleureusement nos sapeurs.

12 juin, bombardement de la gare de Poitiers (86), on compte de nombreuses victimes, des immeubles détruits, les escaliers de la gare se sont en partie effondrés… Châtellerault envoie ses hommes pour aider ceux de Poitiers et des environs à fouiller les ruines à la recherche des blessés et pour déblayer les voies. 

Le pont Henri-IV

L’histoire29 de notre pont Henri-IV piégé par les Allemands en fuite et sauvé de la destruction par les négociations qui eurent lieu entre les autorités allemandes et le sous-préfet de Châtellerault, Marcel Wiltzer, n’est un secret pour personne…Cette histoire a été mise en page, lue et racontée depuis 70 ans toujours avec la même émotion et la même fierté. Devant la menace de destruction du pont Henri-IV, il fallait négocier avec les Allemands, mais pour cela devait-on trouver le bon responsable à qui parler parmi les militaires en fuite. Le sous-préfet et le commissaire de police Charles-Marcel Bichat30, conduits par le brigadier Crocq, cherchent une partie de la nuit et finissent par rencontrer, à Dangé (86), un colonel sur le départ… Les pourparlers vont durer jusqu’au petit jour et nos négociateurs reviendront à Châtellerault avec l’assurance que le pont ne sautera pas. C’est une belle victoire.

Pendant ce temps, cette même nuit, d’après nos témoins31, trois pompiers s’aventurent près du pont, déjouant la surveillance des deux sentinelles allemandes postées à quelques centaines de mètres. L’un des pompiers surveille, les deux autres réussissent à s’approcher des fils reliant les barils d’explosif entre eux et à les sectionner. Puis les sentinelles ayant finalement disparu, deux civils, spécialistes du déminage, appartenant aux équipes nationales32, retirent les détonateurs.

Au petit matin, dans la ville délivrée, les pompiers vident, par-dessus les parapets du pont, les barils de ménilite dans la Vienne, une charge qui aurait pu détruire non seulement le pont mais tout un quartier d’où les habitants avaient été évacués par prudence. Une double action conjuguée des autorités et des pompiers qui aura abouti au sauvetage de notre monument historique.

La Libération

Les Allemands quittent officiellement Châtellerault le 1er septembre 1944, mais on verra encore passer un convoi dans la nuit du 3 au 4… 

Après cette date, la ville est vraiment libre.

C’est le 6 septembre 1944 que Châtellerault fête sa libération. Louis Ripault, qui avait été mis à l’écart par Vichy, revient dans sa ville en habit de cérémonie et paraît au balcon de l’hôtel de ville pour y faire un poignant discours. Les festivités durent plusieurs jours à la grande joie de tous.

Quant aux pompiers, ils sont à l’honneur en défilant bien en tête du cortège, mais sans matériel puisque tout a été détruit ! 

L’ après-guerre

Après les joies de la liberté retrouvée et les manifestations de fêtes qui vont durer plusieurs jours, il faut tout réorganiser. La mairie, qui a retrouvé son maire, doit se restructurer administrativement et les pompiers espèrent récupérer le matériel automobile disparu dans la déroute allemande. Quant aux habitants, ils comptent retrouver leur calme, après toutes ces émotions, du moins l’espèrent-ils…

La crue de la Vienne

Les 9 et 10 décembre, soit trois mois seulement après la Libération, la Vienne33 sort rapidement de son lit dans la nuit pour atteindre 6 m 30 à l’échelle du pont Henri-IV. Une hauteur exceptionnelle qui rivalise avec les plus grandes crues comme celles de 1913 ou de 1923 par exemple. L’eau envahit tout le faubourg de la rive gauche jusqu’à la rue du Cygne-Châteauneuf. Sur la rive droite, les quartiers les plus bas sont recouverts par la rivière qui arrive au niveau de la place du Marché et du collège de filles…On est inquiet pour le pont Neuf qui tremble sur ses bases. Il est interdit à la circulation ainsi que le pont Henri-IV sur lequel rien ne peut plus passer puisque l’eau en coupe l’accès sur les deux rives… Avec leurs barques, les pompiers naviguent pour ravitailler ou transporter en urgence les habitants bloqués chez eux. L’eau met trois jours pour se retirer. Aussitôt, avec les riverains et les employés de la voirie, les pompiers nettoient les rues, pompent l’eau dans les caves sur les deux rives et aident encore ceux qui en ont besoin.

Le matériel retrouvé

Pour les pompiers, les années 1945 et 1946 sont consacrées à la reconstitution du parc automobile et au remplacement du matériel d’incendie.

Le capitaine Thibault, qui prend sa retraite, est remplacé en 1946 par le lieutenant Pierre Huguet promu capitaine ; le capitaine Huguet, très estimé de ses hommes, est bien connu à Châtellerault et dans la région pour ses activités en faveur de l’Œuvre des Pupilles des Sapeurs-Pompiers morts au feu. Une excellente équipe, qui s’est soudée pendant la guerre, l’accompagne dans ses nouvelles responsabilités.

Tout le monde se met au travail. Le lieutenant mécanicien Georges Marit34 , avec ses aides, transforme un véhicule d’occasion en camion-citerne de 3 500 litres avec pompe auxiliaire de 25 m3/h à l’arrière. La municipalité fait également les achats nécessaires. Elle fait livrer un fourgon automobile, une échelle sur porteur de 24 m, ainsi que deux motopompes.

Sont également acquises deux ambulances pour le transport des accidentés de la route et des malades. À cette époque, le département fournit à tous les centres de secours, un fourgon pour le personnel et le petit matériel avec une motopompe de 60 m3/h en remorque.

On retrouve à peu près le même matériel que celui d’avant la guerre, mais les techniques d’utilisation ne sont plus tout à fait les mêmes, aussi une formation est-elle proposée aux utilisateurs par le ministère de l’Intérieur35.

De plus, les pompiers s’intéressent beaucoup aux cas d’asphyxie et aux noyades. Déjà pendant la guerre, des asphyxiés ont été sauvés grâce à des appareils respiratoires. La ville complète et modernise ce matériel en fournissant de nouveaux appareils dont le Resuscitator Reanimator de fabrication canadienne qui fait fonction de poumon artificiel.

Quelques années plus tard…

De jeunes sapeurs-pompiers de Paris, venus étoffer la compagnie châtelleraudaise, constituent une équipe d’hommes-grenouilles.

Au tout début des années soixante, Châtellerault s’agrandit : au nord, se construisent de nombreuses usines et, au sud, du côté de la Plaine-d’Ozon, des immeubles sortent de terre pour accueillir des familles venant d’Algérie. Face à ces nouvelles structures qui comptent, pour certaines, jusqu’à 12 étages, il est nécessaire d’acquérir une plus grande échelle, de 30 m cette fois. 

C’est cette échelle qui est pratiquement inaugurée à Poitiers pour aider à combattre l’incendie du magasin Le Printemps en 1961. La participation de nos sapeurs, avec leurs deux grandes échelles, contribue à sauver les bâtiments tout proches en particulier le musée des Augustins dont le toit commence à s’enflammer. Nos hommes en sont félicités. Après cette intervention, la ville de Poitiers achètera le même matériel.

Conclusion

Avant de quitter définitivement « la compagnie », il faut citer des dates qui vont en modifier le fonctionnement.

1953, un nouveau statut est imposé à toutes les compagnies de sapeurs-pompiers communaux de France qui devront en appliquer le règlement ;

1968, des dispositions permettent d’intégrer pompiers professionnels et pompiers volontaires dans un même corps ; 

1971, une caserne de pompiers est construite à Châtellerault, rue Raymond Pitet, qui regroupe sous un même toit les hommes, leur famille et tout le matériel. 

Nous avons assisté en un siècle et demi à la grande évolution du corps des sapeurs-pompiers de notre ville. Nous avons participé à leurs côtés aux grands incendies, plus tard aux évènements locaux de la Seconde Guerre mondiale et nous avons aussi partagé leurs joies et leurs peines… Pour terminer peut-être pouvons-nous tout simplement remercier, pour leurs belles performances, ces soldats du feu que nous avons vus à l’œuvre au long de ces années, les capitaines, bien sûr, mais aussi tous ces engagés, dévoués à leur cause. Nous pouvons nous rassurer en pensant que d’autres ont pris le relais.

  1. Jacqueline Gagnaire, « Sur les pas de nos sapeurs-pompiers de 1809 à 1938 », RHPC, n° 30, novembre 2015, p. 62-76. ↩︎
  2. Le capitaine Huguet a dirigé la compagnie de 1946 à 1968.  À sa retraite, il est nommé commandant honoraire. ↩︎
  3. Toutes les activités des pompiers pendant la période proposée (39-45) ont été consignées dans un cahier que Michel Doussineau a eu la gentillesse de mettre à notre disposition. ↩︎
  4. Jacqueline Gagnaire, op. cit., p. 68. ↩︎
  5. AD86 : L’Écho de Châtellerault, 17 février 1940. ↩︎
  6. Le parc Beauchêne se situait à l’emplacement de l’actuelle école Jules Ferry qui donne sur la rue Guillemot. ↩︎
  7. L’hiver 1942 a été particulièrement glacial et neigeux. En janvier, on relevait des températures de moins 18° à Châteauroux, pas si loin de chez nous. ↩︎
  8. AD86 : L’Écho de Châtellerault, 4 juillet 1943. ↩︎
  9. La coopérative agricole, dont les bâtiments sont aujourd’hui abandonnés, est située rue Guillemot. ↩︎
  10. Les gazogènes qui équipent bon nombre de véhicules pendant la guerre, fonctionnent au charbon de bois pour pallier le manque d’essence ; des cours sont organisés pour apprendre aux utilisateurs à bien s’en servir afin de prévenir les risques d’incendie et d’asphyxie dus aux émanations de la combustion. ↩︎
  11. AD86 : L’Écho de Châtellerault, 17 juillet 1943. ↩︎
  12. AD86 : L’Écho de Châtellerault, 7 août 1943. ↩︎
  13. Les Allemands sont entrés dans Châtellerault le 23 juin 1940. ↩︎
  14. Robert Duthuzo, sous-préfet honoraire, fut maire de mars 1941 à avril 1944 en remplacement de Louis Ripault démis de ses fonctions par le gouvernement de Vichy. ↩︎
  15. La Kommandantur est un service de commandement militaire allemand à l’échelon local, la Kreiskommandantur a les mêmes fonctions, mais au niveau de l’arrondissement. ↩︎
  16. C’est la loi du 9 avril 1935 qui officialise l’organisation de la défense passive. ↩︎
  17. À Châtellerault, la sirène de la mairie a bénéficié du financement de la DP lors de son installation en 1938. ↩︎
  18. Jacqueline Gagnaire, op. cit., p. 74 et 75. ↩︎
  19. Le monument du Souvenir de la guerre 1914-1918 est situé dans notre jardin public. ↩︎
  20. Nom d’une association qui possédait des installations en bord de Vienne, permettant aux jeunes et aux moins jeunes de pratiquer la natation, le tennis et le canoë à la belle saison. ↩︎
  21. Michel Doussineau, entré très jeune chez les pompiers, avait un tuteur en la personne du lieutenant Huguet.  ↩︎
  22. La clinique du « Bon Secours », aujourd’hui « clinique de Châtellerault » (groupe Kapa) a toujours été située sur les quais de la Vienne, rive gauche, face à l’île Cognet. À cette époque, elle était dirigée par le Dr Maurice David et les sœurs de la Sagesse y assuraient les soins. ↩︎
  23. Marcel Wiltzer prend ses fonctions de sous-préfet à Châtellerault, début mars 1944.  ↩︎
  24. À propos des bombardements de la gare et de la forêt de Châtellerault, lire Marie-Claude Albert, Châtellerault sous l’Occupation, Geste éditions, 2005, p. 246 et 247 et Jonathan Largeaud, « Les bombardements à Châtellerault en 1940-1944 », RHPC, n° 23, juin 2012, p. 69-86. ↩︎
  25.  Le colonel Joseph Aymard succède à Robert Duthuzo en mai 1944 et sera maire jusqu’à la Libération. ↩︎
  26. L’équivalent de notre DCA (Défense Contre Avion). ↩︎
  27. Le camp de Saint-Ustre, connu pour avoir reçu les Américains dans les années cinquante, date de 1914. À cette époque, c’était une réserve de poudre et on y hébergeait aussi des soldats. Renseignements : Jean-Noël Lattwein. ↩︎
  28. Les aviateurs anglais qui ont trouvé la mort au cours de ces combats aériens sont inhumés au cimetière de Thuré. ↩︎
  29. Marie-Claude Albert, op. cit., p. 256. ↩︎
  30. Le commissaire Bichat appartenait à la Résistance. ↩︎
  31. Nos témoins souhaitent que l’anonymat des participants à cette action soit préservé.  ↩︎
  32. Sorte de scoutisme laïc, instauré par le gouvernement de Vichy, composé de jeunes participant à des missions d’utilité publique ou de Défense Passive ; ils étaient entraînés au secourisme, aux techniques de déblaiement et de lutte contre l’incendie.  ↩︎
  33. Jacqueline Gagnaire, « Les grandes crues de la Vienne à Châtellerault », RHPC, n° 25, avril 2013, p. 57-71. ↩︎
  34. Le lieutenant Georges Marit, qui appartenait au maquis, fut arrêté en 1940 et déporté pendant quatre longues années, mais revint parmi les siens. ↩︎
  35. Une partie des informations concernant l’après-guerre, provient du Glaneur Châtelleraudais, n° 12, 1968, AMC, 21C2. ↩︎
  36. Insigne appartenant au capitaine Michel Doussineau. ↩︎