
Ce chemin de mémoire, réalisé par le Centre Châtelleraudais Histoire Archives (CCHA), a obtenu le label MISSION LIBÉRATION de l’État. Il a été proposé lors d’une déambulation dans la ville de Châtellerault pour les 80 ans de sa libération le 6 septembre 1944. C’est la version initiale du chemin de mémoire réalisé par le CCHA lors des JEP 2024
la ville occupée

À la suite de l’armistice qui établit une ligne de démarcation, Châtellerault se trouve en zone occupée. Le 23 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans la ville. Les hôtels et plusieurs immeubles sont réquisitionnés. Des cantonnements militaires sont installés aux alentours (Ozon, Le Verger, Les Renardières…).
Les autorités d’occupation investissent la mairie et placent la Kommandantur au café du Commerce, boulevard Blossac. La population est soumise au couvre-feu, au rationnement, aux ordonnances allemandes, à la surveillance policière, aux interdictions de franchir la ligne sans laisser-passer, à la propagande.
Les commerçants juifs sont visés par l’Occupant et par les lois antisémites du gouvernement de Vichy. L’un d’entre eux, Samuel Weil, a été arrêté et déporté à Auschwitz.
La Manu, Pôle de résistance

La manufacture d’armes est une prise stratégique pour l’Allemagne nazie. Elle est placée sous la double direction d’un ingénieur militaire allemand et de l’ancien directeur français qui doit collaborer. Elle produit des pièces destinées à l’armée ennemie.
Cette situation déclenche chez certains ouvriers, dès octobre 1940, les premiers actes de résistance. Plusieurs mouvements s’organisent comme celui des Francs-Tireurs-Partisans auquel participent des femmes, et celui de Libération-Nord dirigé par des cadres.
Les résistants pratiquent des sabotages, des freinages de la production ; ils impriment un journal clandestin et diffusent des informations. Ils se mobilisent contre les réquisitions de personnels contraints d’aller travailler en Allemagne et organisent une manifestation massive le 26 novembre 1942, suivie d’une terrible répression
La Ville libérée

Après le débarquement de Normandie, les maquis renforcent leurs actions. Les Alliés intensifient les bombardements. Un premier vise la gare dans la nuit du 10 au 11 juin 1944, un 2e le dépôt de munitions de la forêt de Châtellerault dans la nuit du 14 au 15 juin, et un 3e les 9-10 août.
Tandis que les colonnes allemandes se replient, les derniers occupants exécutent des civils : quatre sont fusillés dans la cour-arrière du collège Berthelot.
Les ponts sont minés. Du 31 août au 1er septembre, le sous-préfet Marcel Wiltzer aidé par le commissaire de police, Charles-Marcel Bichat et les pompiers, parvient à négocier avec un général allemand qui donne l’ordre de ne pas faire exploser le pont Henri-IV. La population exprime sa reconnaissance sans oublier les absents.

